Fabrice Bardet

Directeur de recherches

Habilité à diriger des recherches par l'Université Lyon 2
Docteur en science politique de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Ingénieur de l’ENTPE
Co-rédacteur en chef de la revue en ligne Métropoles

Université de Lyon, ENTPE

fabrice.bardet@entpe.fr
04 72 04 70 23

 

Fabrice Bardet a récemment travaillé à l’écriture de l’histoire de ce qu’il analyse comme une « contre-révolution comptable » : après l’avènement dans les années 1970 de ce que les historiens avaient nommé la « révolution probabiliste », de nouveaux outils de gouvernement se sont progressivement imposés, comptables, à l’origine d’une profonde recomposition des pratiques gouvernementales. Ses travaux ont le plus souvent été conduits dans les secteurs d’action liés à l’aménagement des territoires : développement économique, transports, habitat social, construction durable.

Axes de recherches (présentés ci-après) : la contre-révolution comptable, les chiffrages de la durabilité, la mondialisation des politiques d’aménagement.

 

 

Sélection de publications et communications

 

Ouvrages

 2014, La contre-révolution comptable. Ces nouveaux chiffres qui (nous) gouvernent, Paris, Les Belles Lettres, 372 p. 

Présentation de l’ouvrage :

Babylone de Nancy Ypsilantis, diffusée mardi 06 octobre 2015 sur Espace2 de RTS (Radio Télévision Suisse). Accédez au podcast en cliquant ici.

La Suite dans les idées de Sylvain Bourmeau, diffusée samedi 21 février 2015 sur France Culture. Accédez au podcast en cliquant ici.

   

Articles

• 2015, avec Aisling Healy, "Les élites urbaines et les promesses des palmarès internationaux des villes. Lyon à la conquête du « Top 15 » européen." Métropoles, 16.
• 2012, avec Roser Cussó, "Les essais randomisés contrôlés, révolution des politiques de développement ? Une évaluation par la Banque mondiale de l’empowerment au Bangladesh", Revue française de socio-économie, n° 10, p.175-198.
• 2010, avec Florence Jany-Catrice, « Les politiques de quantification », Revue française de socio-économie, n° 5, p. 9-18. 
• 2010, avec Jean-Jacques Helluin, « Comparer les performances des villes. Le programme des indicateurs pour les villes du monde de la Banque mondiale », Revue française de socio-économie, n° 5, p. 83-102.
• 2008, « Quand les constructeurs automobiles façonnent la sécurité routière : la médiatisation des accidents de la route aux Etats-Unis », Réseaux, vol. 26, n° 147, p. 87-113. 
• 2007, « Du recensement au sondage de la population. L'exception démocratique française », Politix, 79, 195-213. 

Contributions à des ouvrages collectifs

• 2015, "Learning from the "Probabilistic Revolution” History. Alain Desrosières’s French school", dans De la « politique des grands nombres » à la « politique du chiffre ». Les sciences sociales de la quantification, Bruno Isabelle et alii (dir.), Springer.
• 2014, "Face à l’abandon de la planification des transports et au projet d’une hyper-gestion des mobilités, le réinvestissement des enquêtes", dans Mobilités urbaines en France, Armoogum Jimmy et alii (dir.).
• 2008, « De l'expertise d'Etat à l'expérience des marchés dans la conception des politiques urbaines lyonnaises », dans Michel Bonnet, Véronique Biau et Guy Tapie (dir.), La fabrication de la ville. Métiers et organisations, p. 117-128.
• 2007, avec S. Gardon, « Des autoroutes dans la ville. Les ingénieurs des ponts et chaussées à la conquête des politiques urbaines lyonnaises », dans Thomas Le Bianic et Antoine Vion (dir.), Action Publique et Légitimités Professionnelles, Paris, LGDJ, p. 197-208.

Communications récentes

• 2015, “From statistics to “accountings”: How Desrosières’ perspective changes the focus on the figures that rule the world”, 10th International Conference in Interpretive Policy Analysis, Lille, July 8th.
• 2015, avec Roser Cussó, “Big data and public policy: Is a new ‘sociology of quantification' needed?”, 10th International Conference in Interpretive Policy Analysis, Lille, July 9th.
• 2015, avec Damien Richard, « Les nouveaux cadres du service public de l’Ecologie au travail : le grand projet de promotion de la durabilité relégué derrière l’espoir d’un management de proximité », Communication à 4e colloque Airmap, Lyon, 28-29 mai.
• 2014, " Quality of Life and Commercial City Rankings: what connection? And what significances for EU enlargement countries?", ISOQOL 21st Annual Conference, Berlin, 15-18 september.
• 2014, "Les classements de villes vertes : comment les gestionnaires urbains s'en sont saisi", Session « Économie politique et nouveaux indicateurs de richesses », 4e Congrès de l’AFEP, Paris - ENS Cachan, 2-4 juillet
• 2014, Discussion de la session "Les minorités doivent-elles être reconnues ou ignorées ?", Conférence internationale " Les communautés : problème ou solution ?", chaire UNESCO Politiques urbaines et citoyenneté", ENTPE, 4-6 juin. Pour accéder à la vidéo, cliquez ici.
• 2014, "Is there an accounting counter-revolution?", Wissenschaftkolleg zu Berlin, Berlin, 25 février.
• 2012, "Les palmarès au prisme de l'histoire des chiffres du gouvernement : quelle ville promettent les palmarès urbains ? ", CIAPHS Séminaire, Rennes, 4 décembre.

Trajectoire et activité professionnelle

• Co-rédacteur en chef de la revue en ligne Métropoles
• 2013 : Habilité à diriger des recherches, Université Lyon
• 2000 : Docteur en science politique de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne
• 1993 : Diplômé de l’ENTPE

Axes de recherche

1. La contre-révolution comptable

Les modes d’action des acteurs publics et privés ont été largement recomposés au cours des dernières années dans un contexte international de contestation des régulations publiques nationales au profit d’autres portées par des acteurs publics ou privés, tant internationaux que régionaux ou locaux. Le secteur de l’aménagement des territoires et le modèle des ingénieurs « à la française » sont au cœur des recompositions.

Nous étudions l’évolution des politiques de quantification ou d’évaluation des problèmes publics. Nous nous intéressons en particulier aux places respectives qu’occupent, dans ces quantifications, les mesures statistiques ou probabilistes d’une part et les techniques comptables d’autre part. Ces dernières nous apparaissent en pleine expansion. L’évaluation des politiques publiques par exemple, à l’origine une discipline d’ingénieurs ou de statisticiens, se rapproche de plus en plus souvent d’une activité de suivi comptable des programmes d’action. On s’intéresse aussi bien dans nos recherches à la dimension organisationnelle des politiques contemporaines de quantification (création d’observatoires) qu’aux dimensions techniques qui modifient souvent la place des experts dans l’action publique (développement de l’expérimentation).

Exemples d’objets de recherche : l’introduction des techniques de sondages dans les processus de recensement des populations, le développement des essais randomisés contrôlés dans l’évaluation des politiques publiques, les recettes du succès des palmarès urbains.

2. Les chiffrages du tournant de la durabilité

Le tournant de la durabilité s’impose aujourd’hui aux agendas de tous les gouvernements et toutes les entreprises. La notion de durabilité renvoie à la nécessité d’une modélisation permettant de faire des hypothèses sur la dynamique des sociétés. Un chantier prédestiné aux compétences des ingénieurs. Pourtant aujourd’hui, ni les modèles, ni même les données qui permettront de les alimenter n’ont été stabilisés. Comment mesurer l’efficacité énergétique des bâtiments ? Comment chiffrer le « verdissement » des politiques de transports dans les villes ?

Exemples d’objets de recherche : les labellisations BBC dans le secteur du bâtiment en France et à l’étranger, les enquêtes ménages déplacement (EMD) et la ville durable.

3. La mondialisation des politiques d’aménagement

La mondialisation produit incontestablement une standardisation des façons de concevoir et de solutionner les problèmes publics. Les modes contemporains de gouvernement, qui promeuvent par exemple le développement des classements de villes, alimentent encore cette uniformisation. Pourtant, les cultures et les sociétés locales ou nationales continuent d’imposer des façons de voir et d’agir différentes. En France par exemple, la notion de « mixité ethnique », à la base des politiques étasuniennes de lutte contre les discriminations, continue à être repoussée au profit de la défense d’une « mixité sociale » centrée sur les ressources économiques. Quelles sont les dynamiques d’évolution à l’œuvre ?

Exemples d’objets de recherche : les politiques de « mixité » dans le logement social, fabrique et usages des classements de villes, l’introduction des techniques de sondage dans le recensement des populations des quartiers défavorisés.

Enseignements

• Séminaire "Le gouvernement des nombres" de la Paris School of International Affairs de Sciences Po, Paris.
• Séminaire "Les chiffres de l’action publique", du master Politiques publiques et gouvernements comparés de Science Po Lyon.
• Module "Politiques publiques et développement durable" du master de l’Institut génie de l’environnement et éco-développement (Ig2e) de l'Université Lyon 1.
• Coordination du module "Management public" de la formation continuée de l'ENTPE.