GIRIN Fanny

IMAGES MARITIMES ET QUARTIER PORTUAIRE. Mise en scène de la mer et place du quartier du Petit Maroc dans la ville de Saint-Nazaire.

 

Thème du TFE : Équipements & projets d’agglomération ; Usages , pratiques et représentations de la ville

Année : 2008

Auteur : GIRIN Fanny

 

Mots-clefs :

Villes portuaires, images, quartiers maritimes, marins

Résumé :

Dans un contexte concurrentiel entre les villes, la mer confère de nombreuses possibilités aux villes portuaires pour former des iconographies. Or, les changements du fonctionnement des ports engendrent d’autres problématiques communes à leurs municipalités : la réhabilitation d’espaces délaissés et la réaffirmation des relations ville / port. Nous proposons ici d’analyser comment les municipalités sélectionnent et organisent leurs références au port pour l’affirmer dans la ville. Or les textes sur le sujet croisent difficilement l’approche sociale du monde maritime avec les questions urbaines. Pourtant, les usagers du port marquent le fonctionnement de « quartiers maritimes ». Ces endroits se trouvent à proximité des espaces délaissés et leurs mutations respectives interagissent. Nous croisons alors les approches sociales et urbaines du monde portuaire à travers deux échelles d’analyse : la ville et le quartier maritime. Notre terrain est Saint-Nazaire et le quartier du « Petit Maroc ». Dans le contexte de la ville, un changement d’image nécessaire devient un enjeu de métropole. Aussi, l’histoire crée une dualité entre le port transatlantique et les chantiers navals. Dans la promotion du port, le paquebot devient central parce qu’il se fonde sur un contexte et ouvre sur l’imaginaire. Il efface les luttes sociales et valorise le savoir-faire des chantiers. De même, il rappelle les transatlantiques et engendre de nombreuses notions attractives. L’abstraction permet au port d’investir une ville dont le fonctionnement en dépend peu. Le quartier maritime détient plusieurs formes de marginalité. En 1980, le Petit Maroc est le seul espace de Saint-Nazaire marqué par la mer, mais la ville appréhende le monde maritime. Il constitue donc un second problème d’image pour la municipalité. Ensuite, organiser les images de la mer des deux échelles d’études montre que certaines notions sont communes alors qu’elles se fondent sur diverses idées. Dans le quartier, la convivialité permet de concilier les réalités aux images transatlantiques. Cependant, les festivités annuelles du quartier montrent comment les partenariats des actions se recomposent dans le jeu entre usages et symboles de l’eau En conclusion, la pensée urbaine « post-moderniste » peut utiliser la culture pour « donner un sens » à l’action. L’art et l’animation coordonnent des images reliées au contexte local, et concilient un ensemble d’enjeux croissants. Les images composent le territoire : la base sous-marine devient pôle culturel et symbolique ; les industries et le port fondent le développement économique ; le quartier maritime se transforme en espace récréatif autour de l’usage de l’eau. Changer des appréhensions négatives des lieux en attractivités devient possible, même s’il faut oublier quelques aspects encore marqués dans les mémoires et dans l’actualité.

Mention Bien